Préambule

Publié le par chris StJames

Au jour où j'écris ces lignes je ne sais pas où j'en suis avec la maladie. Je verrai bien au fil des pages. Guéri ? Non. Souffrant ? Tous les jours. Tout en apprenant au passage des tas de choses. Car avant de tomber malade j'étais bien-portant donc loin de connaître les inconvénients, et les avantages, oui, d'avoir une sclérose en plaques. Ou toute autre chose au nom aussi peu ragoûtant.

Écrivant de nature, m'est vite venue l'idée de décrire ce qui se passe en moi, et peut-être au hasard de mes chemins de traverse, pourquoi pas, ouvrir ici et là, cahin-caha, des pistes vers ma guérison. Car j'y crois.

Pourtant, malgré ma conviction en la puissance de mon Esprit guérisseur, au jour où j'écris ces lignes je ne suis pas encore en bonne santé, même si j'y travaille d'arrache-pied. Trop impatiemment peut-être je cherche sans cesse et sans cesse le moyen de guérir, je veux trouver la cause afin d'éliminer tous ses effets, fini les symptômes, bonjour la vie.

Au fil des séances à l'hôpital et des turbulences dépressionnaires, des groupes de parole et des heures passées avec ma psy préférée, une conviction s'est lentement installée en moi : ce n'est pas un hasard si j'ai une sclérose en plaques.

Il y a une raison !

Forcément !

Quelque chose que me dit mon corps… Que j'ai beaucoup de mal à me dire, à entendre, quelque chose en moi que je ne comprends pas. Au-delà de tous les changements dévastateurs que la maladie a créés dans ma vie il y a forcément un message sur moi que je veux découvrir au plus tôt. Il est là quelque part dans tout ce que je ressens, dans ma tête lourde et mes membres endoloris, mais je ne le vois pas, du moins pas encore. Car je cherche… et qui cherche trouve.


Voici ce qui se dégage des nombreux témoignages apportés dans le Forum et du groupe de paroles "Partage et Ecoute" du 23 juin 2004 autour du thème " la peur de guérir " : " Avant toute chose, pour qu’il y ait peur de guérir, il faut bien évidemment avoir conscience et accepter le fait que l’on est malade et que l’on peut guérir, que l’on n’est pas atteint d’un mal incurable. Ensuite, la peur de guérir, c’est la peur de son corps. Soit la peur de la transformation du corps : quand on est malade, le corps est dépourvu de formes, soit parce qu’il est sans aucune rondeur, soit parce qu’il est tout en rondeur. C’est le corps d’un enfant. Et un enfant, rien ni personne ne l’oblige à, ou ne lui demande de, assumer des choix, des actes, des décisions. Un enfant, c’est irresponsable… En guérissant, on devient " grand ", adulte… On devient responsable de sa vie, de son bonheur comme de son malheur. La maladie n’est plus là pour se justifier. Soit la peur de laisser vivre, parler, son corps car des tiers l'ont abîmé (attouchements, viol..). C’est pourquoi, la peur de guérir, c’est aussi la peur de devenir responsable de sa vie. La peur de guérir, c’est également la peur des autres. On avait appris à s’isoler, à s’exclure du monde. En guérissant, il faudra revenir dans le monde, aller vers les autres, partager, échanger… Les relations ne seront plus filtrées par, canalisées autour de, centrées sur la maladie. Et on devra aussi renouer avec l’amour, retrouver une vie sexuelle… Pas facile ! Pas gagné ! En définitive, la peur de guérir, c’est la peur de vivre ! " Barbara sur http://www.enfine.com/phpnuke/modules.php?name=
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