La Colombe assassinée, par Henri Laborit.

Publié le par chris StJames

" Mais il existe aussi des mécanismes proprement humains que nous devons à l’existence, dans notre espèce, des lobes orbito-frontaux, c’est-à-dire de l’imaginaire. Nous sommes en effet capables d’imaginer la survenue d’un événement douloureux, qui ne se produira peut-être jamais, mais nous craignons qu’il ne survienne. Quand il n’est pas là, nous ne pouvons pas agir, nous sommes dans l’attente en tension, en inhibition de l’action, nous sommes donc angoissés. L’angoisse du nucléaire appartient à ce type, par exemple. Enfin, dans ce cadre, il existe une cause d’angoisse proprement humaine : l’angoisse de la mort. L’homme est sans doute la seule espèce dans laquelle l’individu sait qu’il doit mourir. C’est sans doute aussi la seule espèce qui sache qu’elle existe en tant qu’espèce et où chaque individu sait appartenir à cette espèce. Les abeilles du Texas ne savent pas qu’il existe des abeilles en Chine ou dans le Périgord. L’homme sait qu’il existe des hommes en toutes les régions du globe et il sait qu’ils sont pareils à lui. Il sait que tous ces hommes doivent mourir et qu’il est un homme. "

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