Les bons côtés de la dépression
Parce qu'il y en a, toute chose ayant sa raison, la dépression a les siennes que la mienne ignore encore. Claude Marc Aubry nous livre son intéressante vision :
" Tout état dépressif est un appel au secours, il y a une petite voix intérieure qui appelle au renouveau et au changement. Prendre une autre route. Faire de nouveaux choix. Nous sommes fatigués, las, surmenés, épuisés parce que nous sommes malmenés par nos conditions de vie, mais aussi parce que nous sommes restés trop longtemps sourds à nos besoins vitaux. Nos frustrations conscientes et plus encore inconscientes accumulées engendrent de graves risques pour notre santé.
Généralement le déprimé est quelqu’un qui a trop longtemps été sourd et aveugle à ses besoins profonds. Il lui faut s’écouter plus. Recréer l’intimité avec soi-même. Le déprimé a essayé de se cacher son malaise en s’accrochant longtemps à ses dépendances (conduites addictives par rapport au sexe, à l’alcool, à la nourriture, ou au travail excessif - ce qu’on qualifie de " workalcoholisme ")
Trop c’est trop. Nous avons besoin de nous sentir reconnus, acceptés, intégrés dans un milieu qui nous soutient et où nous pouvons manifester nos talents et compétences. Nous avons besoin d’aimer et d’être aimés. Un sourire peut modifier notre humeur. Nous avons besoin de sens (au-delà du métro-boulot-dodo).
La déprime est déjà un signal d’alarme à ne pas négliger. Si par manque de confiance en soi, et par inconscience de nos vrais besoins, on s’est installé dans une situation qui ne nous convient vraiment pas, on a préparé le terrain à la déprime et à la dépression. Le traitement psychologique sera un réveil : vivre vraiment sa vie. Prendre soin de soi.
Lorsque la dépression est sévère, il s’agira de voir de l’autre côté du mur des défenses, de reconnaître que cela va mal que l’on étouffe dans cette vie-là, que l’on souffre. Pour certains il faudra cesser de faire comme si tout allait bien… Pour d’autres réveiller la flamme de l’espoir. Découvrir que des relations sont toxiques et comment s’en libérer. Arrêter la soumission du mort-vivant. Combattre les maltraitances du harcèlement moral. Se séparer et dire adieu à ceux qui nous font violence. Eviter de fréquenter ceux qui nous donnent le goût du malheur. Avec le soutien de la thérapie on se donne enfin le droit à la révolte. A l’expression du ras le bol. A la colère. Soumission = dépression. En sortir !
Avec le soutien de la thérapie on comprendra mieux ce qui se passe. On ouvrira la porte à ses propres ressources, on découvrira les outils du changement. Le thérapeute (quels que soient les méthodes dont il se réclame : Gestalt, P.N.L. Analyse transactionnelle, etc.) est quelqu’un qui est capable d’apporter ses connaissances et son soutien. De vous accompagner vers la sortie du tunnel.
Si vous êtes en plein marasme. En plein ras-le-bol. Qu’allez vous décider ? Continuer à vous détruire ou reprendre votre liberté ? Peut être vous faudra-t-il arrêter de croire à votre conception de la vie. Si ça ne marche pas pour vous, il est fort probable qu’elle soit erronée. Ce dont il faut se défaire ce n’est pas toujours d’une personne ou d’un lieu. Bien souvent c’est quelque chose dans notre vision des choses qu’il nous faut abandonner.
La guérison ce sera de se retrouver plus vivant, plus libre. Retrouver l’enfant intérieur avide de croquer la vie à pleines dents. Retrouver le goût du bonheur. Vivre au présent. "