Déconditionnement
Quand on est tout en bas, on perd d'abord toute sa morgue. Fini l'orgueil, les grands principes, les préjugés et les jugements quand on ne sait plus qui l'on est, d'où l'on vient et où l'on va. Ces questions existentielles et primordiales figurent toutes dans la panoplie du parfait dépressif. Le monde qu'il connaissait ne répond plus à ses attentes, il ne sait d'ailleurs plus ce qu'il en attendait. L'inanité de sa propre vie et de la vie en général lui semble insupportable. La maladie, un deuil, une perte, un échec, un gros coup derrière les oreilles, lui font perdre tous ses repères. Petit à petit, il prend conscience de ses peurs et de ses dépendances, à commencer par celle au qu'en dira-t-on, ce qui le plonge dans des abimes de détresse sur fond de culpabilité.
Autour de lui, il voit son monde se déchirer, les manipulations, les fraudes et les mensonges qui défilent sur son poste de télé sans qu'il puisse faire quoi que ce soit pour changer les choses. Il le constate avec horreur et plie sous le poids d'une incommensurable tristesse, car toutes ces atrocités pourraient être évitées ! Tous ses repères sociaux, tout ce qu'il croyait juste, et qu'on lui a appris, s'effondre petit à petit au fil de ses interrogations existentielles.
Lentement, envers et contre lui, le dépressif remet tout en question, lui y compris, déconstruit sa vision du monde, abandonne sa vision des choses et se déconditionne au prix de maintes douleurs pour mieux se retrouver. Sur le fil du rasoir, il efface son connu. Tous les schémas de pensée dans lesquels il a évolué jusqu'au jour du grand plongeon lui deviennent intolérables. La prise de conscience de l'inanité de sa vie commence par le décourager.
Lu sur le net : Face au changement : " […] Nous sommes, pour la plupart, confrontés à un chaos intérieur qui démobilise la réalité dans laquelle nous trouvions un "certain" confort. Ce qui semblait être n'est finalement pas la réalité vécue. Nous avons été hypnotisés et endoctrinés à accepter des faits inaceptables. Nous avons été manipulés de part et d'autre pour servir des desseins immoraux. […] L'inconnu, le mystère, l'impuissance, la peur nous transpercent au point de créer une vague à l'âme comme jamais nous l'avons ressentie. […] Je crois que nous sommes dans une époque particulière où les vieilles certitudes et conceptions s'effondrent pour laisser progressivement la place à de nouvelles façons de penser. Cela génère, à court terme, la peur, l'angoisse et même la terreur. D'un côté, certaines personnes s'éveillent à la spiritualité, elles entretiennent une connexion intérieure d'amour qui les fortifie et leur permet d'évoluer plus rapidement. De l'autre côté, les pessimistes ont l'impression que tout change trop vite et que nous sommes en train de prendre le mauvais chemin. Ils ont peur et veulent dominer les autres pour essayer d'élever leur énergie. Ils utilisent la colère et la haine et combattent les "ennemis". Ils se surprotègent en créant la peur autour d'eux. "