Phantom of the Opera
La première fois que je l'ai vu, c'était à New York, on-Broadway comme ils aiment à le préciser pour bien séparer les comédies populaires autour de Times Square des scènes expérimentales off-Broadway, réservées à une élite avertie pour qui les tubes on-Broadway sont tout juste bons à attirer les touristes, et encore... Je n'étais pas touriste à cette époque, j'avais à m'occuper de deux-cent pékins comme on dit dans le métier d'organisateur de voyages, pour qui j'avais conçu un méga-programme de trois nuits à New York, et pas de la tarte, genre grand évènement avec tout le tralala y compris la location d'un porte-avion pour la soirée de gala... Mais en dépit de mon boulot harassant de chef d'orchestre, j'ai pu assister avec eux à mon premier spectacle new-yorkais, Phantom of the Opera. J'ai été conquis immédiatement par la magnificence de la mise en scène, surtout quand ils l'ont traversée en barque sur un nuage... Je ne savais pas qu'on pouvait réaliser ce genre de prouesse au théâtre. Je l'ai revu un an plus tard à San Francisco, c'était un cadeau que m'offrait ma compagne à mon retour de France. Une merveilleuse soirée. Bien sûr San Francisco ne pouvait pas rivaliser avec on-Broadway, la barque était toute petite et le nuage clairsemé, mais il y avait l'amour en plus et la joie de partager ensemble un moment de pure et belle émotion. Quand j'écoute cette chanson, je suis outre-atlantique, au pays de tous les possibles.
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