Jusqu'à la lie
27 juin 2005
J'ai lu plein de choses sur un monde apocalyptique, qui n'est plus sous la menace mais en perdition. Je vis sur un monde d'où l'humanité disparaît, toute humanité.
Comme si je l'avais observée à travers les regards les plus pessimistes. Comme si tout ses défauts m'étaient révélés en bloc.
… La race humaine est arrogante.
Sa loi ? Chacun pour soi et tout pour moi.
J'ai vu aujourd'hui l'envers du décor. J'ai plongé dans le noir des coulisses, silencieux pour ne pas interrompre le spectacle.
J'ai vu la noirceur de l'humanité, sa soif ardente de pouvoir, son dégoût pour ce qu'elle est devenue, son refus d'avancer, d'y croire, encore, malgré tout. J'ai vu l'enfer de sa retraite au fond de cubes insalubres, pour ceux qui en ont, même pas le quart de la population mondiale.
J'ai vu des cartes hégémoniques, des alliances improbables, des complots réalisés, la folie de la presse, l'abêtissement du peuple, son esclavage, sa traçabilité. J'ai vu une humanité codée, barrée, asservie. J'ai vu l'ombre du pouvoir, la vanité stérile, l'ambition dévastatrice, la possession stérile.
J'ai vu aujourd'hui l'enfer sur ma terre. Grace aux clics de ma souris.
J'ai approché le gouffre insondable de la méchanceté humaine, active ou passive. A en avoir le vertige.
A vouloir disparaître, quitter ma réalité. A vouloir briser mes chaînes, me déconditionner.