Du courage ?

Je m'entends souvent dire "bon courage" quand mon corps leur rappelle combien je suis touché par la maladie. Mais le courage est-il suffisant quand on se voit dépérir petit à petit, de jour en jour toujours un peu plus, insidieusement, un nouveau symptôme, une douleur inconnue, et qui fait peur, une lourdeur qui s'installe, le périmètre se réduit, quand on entend déjà le grincement des roues de son chariot, quand on sait bien avant l'heure ce que sera la honte de la sonde pour pisser et la rage de ne plus pouvoir s'exprimer... Quand les mots se bousculeront... Quand les mots se perdront... A peine pensés, sitôt enfuis...
Elle en est déjà là, et les autres suivent, plus de voiture, plus de travail, le confinement entre quatre murs pour cause de monde trop rapide, l'exclusion, l'abandon, l'oubli, et la mort bien avant l'heure, si ce n'est de corps mais d'esprit. Elle a 30 ans, lui 32, elle 19, et elle aussi, et lui 40, et elle 60. Nous savons tous ce qui nous attend... Inéluctablement.
Alors, est-ce bien suffisant le courage ?... Qu'en pensait Damoclès ?
" Heureux les ignorants de leur sort. Vivants n'oubliez pas de remercier votre corps, tant qu'il en est temps, pour sa bonne santé. Chantez, dansez, sautez, riez ! Soyez joyeux pour ceux qui ne le sont plus, soyez heureux pour deux, pour dix, pour nous et pour eux. Et que vos rires nous environnent et que vos chants nous réchauffent. Vivants qui marchez en ce monde sans savoir votre chance, montrez-nous la lumière que nous ne voyons plus. Vivants... Montrez-nous que c'est bon d'exister. "
Le livre de la jungle - Walt Disney
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