Réflexions dans le sable
10h00 et ça bronze déjà. Peu de seins nus sur la plage de Pointe Rouge, c'est plutôt familial comme ambiance. Beaucoup d'enfants, encadrés par le troisième âge, qui devrait se spécialiser dans la garde, une question de sagesse et de calme qui fait souvent défaut aux jeunes parents. Ne pas pouvoir courir après développe des qualités insoupçonnées quand on est encore aussi vivace qu'un jeune mulot.
Les activités de plage ? En top number one, l'observation des voisins de serviette. Suivi de près par la bronzette, face au soleil, un chapeau sur la tête, enduit de crèmes qui protègent autant qu'elles empoisonnent. Enfin, loin derrière la surveillance des gosses et la parlotte, la lecture. Mais loin alors.
J'aimerais voir ma vie des coulisses !
Dans le nude-art, pas de vergétures. Elles sont effacées, au sens propre du terme. Aucun de ces bourrelets disgracieux omniprésents sur cette plage. Pas de cellulite, vive la gomme, ni de poses dévalorisantes qui révèlent les plis du ventre, la culotte de cheval, l'ongle incarné ou la cicatrice de la césarienne. Dans le monde irréel du nude-art, la plupart des modèles sont si parfaites qu'elle en foutent des complexes à la majorité de celles qui constatent tous les matins devant leur glace à quel point elles sont loin de ressembler à une gravure de mode. C'est pour ça que j'aime des photographes comme Al Calkins et Jan Saudek. Ils nous invitent à admirer la femme telle qu'elle est, originalement authentique, heureusement à l'abri des retouches photoshopiques. J'aime la femme nature.
Force est de constater que les gens se regroupent par couleur. C'est naturel, ni plus ni moins. Chassez l'instinct et il revient au galop.
Le monde civilisé se porte gras cette année.
Ecrire c'est jouer.
Un vent léger m'amène des odeurs d'iode sur fond de fraîcheur marine. La fumé du barbecue d'à-côté déploie ses volutes dans un rayon de soleil. Je sens aussi la noix de coco chimique indice XXL, et la pointe musquée des corps qui transpirent tout ce qu'ils peuvent.
Jusqu'au 19ème siècle, le bronzage était malséant. Hommes et femmes n'hésitaient pas à se blanchir la peau, évitant tout contact avec le soleil. De nos jours, c'est le contraire. Mais quelque chose me dit que reviendra le temps de la peau blanche pour l'occident, quand les rayons assassins auront décimé les acharnés du hâle, les cinglés de la matitude, morts dans d'atroces souffrances pour cause de trou d'ozone.
Vite ! Etudier le comportement des singes pour comprendre celui des humains.
(note : laisser tomber les Bonobos, sont bien trop avancés pour eux).
La vie, c'est comme nouer ses lacets. Faut y être si l'on veut pas s'y reprendre à deux fois.
Elle s'installe sur la plage. Pose son sac, jette un coup d'oeil alentours avant d'enlever pressée sa jupe qu'elle plie avec soin et glisse dans son panier. Deux secondes passent et c'est au tour de son débardeur de finir dans l'osier... La voilà en bikini, debout, rénovant son chignon avant d'ajuster sa casquette. Elle tire sur la culotte de son maillot, tortille du cul jusqu'à trouver l'ajustement idéal... et reste là... deux doigts sur la bouche, à observer la plage animée comme si elle était seule à l'abri de tous les regards. Elle s'assoit enfin avec grace. Pour éviter des traces déplaisantes, elle baisse les bretelles de son haut. Elle furette d'une main dans son sac, en retire son huile solaire qu'elle commence à étendre sur tout son corps... Mmmmh... Me vient des suites dont elle ne se doute pas.
" Le vent se lève " me disent les parasols tout tremblants.
Au bas mot, elle pèse 120 kilos. Et c'est pas son maillot Arlequin qui va l'amincir.
Qu'il est dur de vivre dans un monde manichéiste.
On est écrivain pour ne pas se noyer dans ses propres mots.
Mes ex me hantent. Je viens encore de voir l'avant-dernière... Rien d'anormal, on doit tous ressentir ça, et peu importe le sexe ou le temps. Mais le problème c'est que j'en ai eu beaucoup...
Avec le nombril, les seins d'une femme forment un triangle pointe vers le bas. Le signe de l'eau, tu m'étonnes !
Il est aussi érotique de voir une femme s'habiller que se déshabiller.
La femme choisit toujours le camp de l'intelligence, loin devant celui de la force. C'est pour ça que je l'aime si fort...
Il n'y a pas de grands destins sans grandes souffrances. Mais c'est pas ce que je préfère.
Qu'on soit d'accord ou pas, et dieu sait comme on aime polémiquer sur ce sujet, l'homme laisse souvent à sa compagne le soin d'éduquer les enfants. En fait, selon celle de la table d'à-côté, on est nombreux à être d'accord là-dessus. Encore heureux qu'elle ne l'ait pas encore traité de gros nul fainéant.
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