Journal intime - Pause
Sous l'oeil attendri de mon petit Bouddha perso, l'est toujours attendri, l'est fait pour ça l'Bouddha, comment pourrait-il en être autrement, je me prépare à aligner quelques mots juste pour le plaisir. Ni gloriole ni effets de style, des mots à la pelle comme si je jettais du charbon dans une vieille locomotive. Pour l'entraînement.
Dans mon cendrier fume encore ma dernière clope. Personne ne me recommande d'arrêter, tout est permis à ceux qui souffrent. Le rhum-raisin, plus d'orange mais ça passe, me parle de Tropiques que j'ai bien connues. Je me vois près de la piscine, l'alcool mondain plein de sourires, tentant de parler au-dessus de l'orchestre calypso qui, immanquablement je l'avoue, au diable les poncifs, me les cassait menu-menu à la fin de la deuxième heure. J'aime trop l'éclectisme pour pouvoir endurer le supplice d'un genre où la chanson suivante ressemble toujours à s'y méprendre à la précédente. Au premier cocktail, j'adorais ça. Au deuxième, j'entendais déjà moins. Au troisième, je parlais trop. Ce n'était la plupart du temps qu'au sixième que je demandais invariablement à qui pouvait encore m'entendre pourquoi ils jouaient toujours la même chose, finissant par un "bon, on va bouffer ou pas ?". Sinon, je suis un gars sympa.
Dans ma maison jaune et bleue, c'est le grand silence. Comme d'habitude le gosse de l'immeuble d'en face hurle contre je ne sais qui. Impossible de capter ce qu'il dit entre ses hoquets hystériques. De toute façon, je ferme la fenêtre dès qu'ils débarquent. Aucune envie de savoir. J'entends aussi mon coeur qui tape dans mes oreilles. Il s'agit d'un effet secondaire, un autre, encore. Mais rien de grave, un truc qui rythme ma vie et me rappelle que j'ai encore un corps.
A part l'écriture de la nouvelle avec Mic, j'ai l'impression cruelle de ne pas avoir assez écrit. J'ai beau me dire que je n'étais pas en état, ça crie en moi qu'il faut que je me secoue et qu'à l'nstar d'Asimov ou de Werber je redevienne aussi productif qu'avant. Mais j'en profite pour penser à des suites.
Souris me travaille. Et j'aimerais écrire un autre conte. Peut-être donner une suite au Bois Joli car j'ai laissé mes personnages au coeur d'un épouvantable suspens. Le Pont, j'oublie. Ce roman me prend la tête au point que j'ai envie de le reprendre au deuxième tome, jetant au passage plus de 300 pages, quel gâchis. On m'a récemment parlé de mon essai sur la Croix, la fameuse oui, mais j'en ai fait le tour. Horizontalité, verticalité et la lance au centre, tout est dit quand on lit entre les lignes, à quoi bon en remettre une couche. Ai-je d'autres chantiers en cours ?... Je crois, mais je ne saurai dire lesquels. En tout cas de quoi occuper une vie, et peut-être bien mon éternité.
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