Parano !
L'anxiété ! Pas encore lu grand chose là-dessus mais je la crois avec certitude mère de bien des blessures. De l'anxiété à l'Angoisse, ce n'est q'une question de mots, de légers dosages qui finalement ne veulent plus dire grand chose. Car quand on est anxieux, on angoisse. Et la plupart du temps on se demande pourquoi...
Je suis issu d'une longue famille d'anxieux... Père, mère, frère, petite soeur, je crois aussi, côté paternel, plus grand monde, côté marternel, ça angoisse à tout va. Ca nous pourrit la vie en créants des soucis là où il n'y en a pas. J'ai même dit hier à mon neveu de ne pas s'en faire, il se mine pour un rien, ça passe dans toutes les générations, alors que je me ronge au point de m'en être foutu une sclérose. Pas facile à dire, ça. Peut-être que j'exorcise en te donnant mes mots intimes.
Car l'angoisse ne s'avoue jamais, elle se pare de masques qui la cache du dehors, agressivité, solitude, évitements en tous genres... Pour ne pas avoir mal. L'angoisse c'est la peur de souffrir, c'est le contraire du plaisir, c'est tout ce qu'on ne veut pas et qui arrive à tant d'autres. Argh ! Rien que d'y penser j'en ai la chair de poule.
J'ai tout essayé pour ne plus entendre mes petites voix qui me parlent de mes tracas, de ceux que je traîne, de ceux qui je vis, de ceux que j'entrevois, devinant de noirs destins, dont certains se réalisent, telle est la force du négatif. Au lieu de me dessiner des futurs tristes, sur une planète triste, proche de l'explosion, ne vaudrait-il pas mieux élaborer de bons scénarios, d'action et non de protection ? Oui, n'est-ce pas ? Et bien j'avoue humblement ne pas réussir à tous les coups.
Ce matin, par exemple :
Je viens d'annoncer que je quittais mon boulot, si on peut l'appeler comme ça, une grossière erreur à ne plus recommencer (évitement), j'angoisse déjà de demain, pas facile comme moments.
Je n'ai donc plus de boulot, peut être formateur à Toulouse ou professeur de français en Egypte (déjà deux fois que j'en parle, ça me travaille), incertitude, et si je me plantais encore ?,
J'écris mais n'est pas encore publié vraiment, sur le net alors que je rêve d'être sur des étagères, à l'affiche comme John Irving, alors que je rêve sur grand écran du meilleur de la carrière à laquelle j'aspire de toute la force de mes cellules et qui ne décolle pas,... Je patine sur "Le Pont", trop corrigé, encore ?, et la fin ?, où ça va, pas envoyé aux éditeurs, comme pas de courage, etc, etc
Est-ce que je m'améliore vis à vis de mes enfants ? Je suis si absent... depuis quelques temps, mais quelque chose me pèse, peut-être un peu honte d'être un papa pauvre à la poursuite de son grand rêve, le seul but qui l'anime : écrire, écrire, jusqu'à en mourir... Plus qu'une passion, je donne ma vie à l'écriture, à chaque seconde, car dans ma tête : j'écris tout le temps, même la nuit. Quel beau rêve ! Ecrivain positif utilisant sa renommée pour créer une école de la vie, pour construire un Pont entre ciel et terre... Au lieu de type fauché qui passe de boulot en boulot sans jamais parvenir à se poser, pourquoi, va savoir... Le rêve est si démesuré... Qu'est-ce que j'attends, où je vais ?, fatigant l'anxiété.
Et j'ai encore tant et tant d'autres pensées qui... m'angoissent, à me paralyser. Certains s'angoissent du robinet du gaz, fermé ou non ?, je ne sais pas, et si ça pète ? D'autres de leur envie de partir, pas raisonnable, trop compliqué, trop difficile. D'autres de ce qu'ils vont manger aujourd'hui, d'autres de leur envie de pisser dans une cellule sans toilettes devant tout le monde, d'autres bien sûr, un par seconde je crois, de ce qu'ils laissent derrière eux de petits problèmes qui auraient pu être réglés, si seulement si... mais c'est trop tard...
Tout ça est bien relatif, je le reconnais en l'écrivant. Je sais qu'il existe six milliards d'humains qui aimeraient bien avoir mes ennuis, qui donneraient tout pour vivre ce que je vis, même un peu malade, plutôt que de croupir dans l'attente de leur bourreau.
Tiens, je relativise ? Mais que puis-je à leur sort ?... Pas grand chose, à priori, sauf parler d'eux de temps en temps et leur envoyer une petite prière, oui, pour leur donner du courage. L'aurai-je à leur place ? Drôle de planète, monde imbécile, noirs désirs...
Je suis ainsi, comme maman, comme le fut papa, comme l'est mon frère, et mes cousines, chacun à notre niveau, mais tous contaminés. Il ne tient qu'à moi de modifier le cours des choses : guérir mon anxiété pour leur indiquer un chemin praticable. Et ça, c'est pas gagné...
Les cloches sonnent à tout va, l'église bat le rappel de ses fidèles. On est dimanche matin et il pleut. Qu'est-ce que je vais faire aujourd'hui ?, et si je m'ennuyais ?, c'est reparti... C'est sûr et certain : l'angoisse est ma pire ennemie. Et c'est moi qui la crée.