Terrorisme sur la Toile

Publié le par Chris

    Voilà qui glace le sang : deux camps, chacun victime et chacun bourreau, deux pensées opposées en apparence, les bons, les deux, les mauvais, les deux aussi. Mon camp est donc tout désigné : je suis occidental et j'appartiens au monde chrétien, guère éloigné de celui des juifs, Jésus a prêché en Judée… Je suis donc la victime du méchant Al-Qaïda qui croit l'être de moi. Nous nous opposons et selon l'information qui suit, il risque de gagner parce qu'il est très méchant… Comme dans les séries américaines. Mais comme je suis dans le camp des gentils, même sous une pluie de catastrophes, je m'en sortirai toujours, seul mon bien triomphera… ?…
     
     Les autres, ceux qui pensent diamétralement à moi, apprécient et recherchent tous ces encouragements d'Al-Qaïda, c'est leur camp. Chaque parole échangée est une bénédiction car on se comprend quand on est fanatique. Ils prennent les armes pour se venger du grand méchant loup impérialiste et génocide et périront pour cette cause bonne et juste, largement préférable à pas de cause du tout. Ils se sont donnés pour mission de libérer les musulmans du joug des chrétiens. Une nouvelle croisade est née qui se retourne contre nous. N'avons-nous pas pillé leurs temples ? D'ailleurs qui a commencé à piller l'autre ?… Pas besoin d'aller au cinéma quand on le vit d'aussi prés…
       
    Ce texte est dur à lire car il nous porte au cœur du combat qui se déroule à nos portes, dans nos villes salies et bâclées, là où la révolte gronde, au cœur du Chaos. Chacun dénonce la façon d'utiliser les médias de l'autre, chacun dit qu'il dit la vérité, et pourtant elles sont diamétralement opposées, et la fin nous plonge en plein roman d'action…
    
 
jeudi 8 septembre 2005, 8h44
La Toile est devenue une arme privilégiée pour Al-Qaïda
Par Par Habib TRABELSI)
DUBAI, 8 sept (AFP) - - Quatre ans après les attentats du 11 septembre, le réseau terroriste Al-Qaïda, désormais privé de son sanctuaire afghan et traqué dans le monde entier, a fait de la Toile une sorte de nouveau "quartier général" pour mener "le jihad médiatique".
"Musulmans du monde entier, unissez-vous derrière le Front médiatique islamique mondial (FMIM). Formez des Sarayas (brigades) du jihad médiatique pour briser la mainmise sioniste sur les média et terroriser les ennemis", lance "Salaheddine II", nom de guerre de "l'émir" du FMIM, une sorte de vitrine médiatique de la communauté virtuelle créée ces deux dernières années sur la Toile par la mouvance d'Al-Qaïda.
"Le Front est une nouvelle Qaïda (base) d'information islamique sur l'internet. Notre objectif est de dénoncer l'ennemi sioniste. Le Front n'appartient à personne. Il appartient à tous les musulmans. Il n'a pas de limites géographiques. Tous les spécialistes des nouvelles technologies de l'information et de la communication, les producteurs, les photographes (...) sont appelés à se joindre à nous", renchérit son adjoint, "Ahmed al-Watheq Billah".
Le FMIM s'est ainsi substitué au "Front mondial pour le combat des juifs et des chrétiens", formé en 1998 en Afghanistan par le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden.
Depuis, le Front a diffusé plus de 350 documents, dont des films sur les opérations en Irak, en Arabie saoudite, en Afghanistan et partout où opèrent les groupes jihadistes.
Cette semaine, le Front a mis en ligne un film de 6 minutes, intitulé "une comédie sanglante" (Bloody Comedy), en cinq séquences, "fruit des caméras des moudjahidine en Mésopotamie", destinées à "dénoncer les soldats américains, ennemis d'Allah".
"A tous les Américains. Regardez comment vos enfants se battent. Ne croyez pas vos médias au sujet de ce simulacre de combat", écrit le Front.
L'une des séquences montre un véhicule tout-terrain Humvee détruit par un engin explosif en Irak. Elle montre ensuite un journaliste de Fox News annonçant que "deux soldats américains ont été blessés dans l'accident. Leurs blessures ne sont d'aucune gravité. Ils ont repris leur travail juste après quelques soins".
Le Front avait diffusé récemment un film intitulé "Top Ten", sélectionnant dix opérations menées par l'"Armée islamique en Irak" et l'"Organisation d'Al-Qaïda en Mésopotamie" contre les forces américaines en Irak. Les séquences, montrant des corps déchiquetés ou calcinés, sont destinées à "terroriser les croisés".
La Toile offre aussi une abondance de littérature jihadiste destinée à initier les candidats au combat à la guérilla urbaine, à l'utilisation de la kalachnikov et des roquettes RPG ou, encore mieux, à la confection d'explosifs, ce qui favorise l'émergence de terroristes solitaires, non liés structurellement à Al-Qaïda ou à un groupe local qui en partage l'idéologie.
"Sous la pression de la +guerre contre le terrorisme+, Al-Qaïda ne dispose certes plus d'un espace libre pour se réunir et s'organiser ou de camps pour s'entraîner, mais elle a créé un nouveau +quartier général+ sur le réseau internet, pour répandre la peur parmi ses adversaires et renforcer le moral de ses troupes", estime Yasser al-Sirri, le directeur de l'Observatoire islamique, basé à Londres.
"Les militants islamiques modernes ont compris depuis longtemps qu'Al-Qaïda ne pourrait pas rivaliser avec la puissance des Etats-Unis et de leurs alliés. Mais en matière de propagande, le champ de bataille crucial de la +guerre contre le terrorisme+, l'avantage se trouve clairement dans le camp des militants", estime, pour sa part, Jason Burke, un expert britannique en terrorisme.
"Les terroristes sont devenus des producteurs de films et des metteurs en scène et les caméras vidéo sont devenues leurs armes les plus puissantes", souligne-t-il.
ht/CHZ/mfo
         
 
J'ai pensé à cette suite…
          
     " Rien ne se passe. Il regarde son détonateur, une expression horrifiée sur le visage. Au-dessous, la vie bat toujours son plein, la ville s'agite sans aucune conscience de la tragédie qu'elle vient d'éviter. Dans un grand juron sonore, il s'empare du tournevis sur la table, s'assoit, démonte les cosses et vérifie leur sécheresse… Le problème est ailleurs. Il se lève, se gratte sa barbe de trois jours. En se passant la main dans ses cheveux rasés, il contemple le désordre de sa planque de fortune, au vingtième étage d'une tour dont il s'occupera plus tard, juste en face de sa cible : le plus grand magasin de la ville. Une grimace de dégoût court sur sa face, tout était parfait, qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? Il se dit que la prochaîne fois il portera lui-même la charge comme ces héros kamikazes qu'il porte aux nues, si plein d'un courage et d'une abnégation qu'il n'a pas encore l'audace d'imiter.
     Penché sur son œuvre, testant les circuits les uns après les autres, il prie son dieu de l'aider à trouver le motif de la panne. Ses yeux fiévreux le piquent, il chausse ses lunettes. Un coup de klaxon le fait sourire, bientôt ce seront des dizaines de sirènes. Son message défile pour la millième fois dans son esprit torturé, il n'aurait pas du l'envoyer si vite, un coup d'œil à sa montre, à peine une heure, peut être moins. Sa langue va et vient sur ses lèvres tant il est concentré sur la résolution de son problème. Tout semble OK question électricité. Il soulève le boitier pour l'amener à hauteur de ses yeux… L'antenne ! Fébrile, il la démonte, tâte le pas de vis, mouillé. Sa transpiration. A l'aide d'un kleenex, il efface soigneusement toute trace d'humidité, enfile ses gants de soie et, dans un grand éclat de rire, la remonte lentement… La diode s'illumine. L'heure est enfin venue.
     C'est à la fenêtre qu'il sera le mieux pour contemple la défaite de la Pensée Unique. La rue est en pleine effervescence, peut-être même plus que tout à l'heure, il remercie son dieu. Tant pis pour les moutons, la vérité est à prix. Une larme glisse lentement sur sa joue quand il songe aux enfants qui vont être immolés sur l 'autel de la liberté. Il se secoue, serre les dents, récite la sourate, se signe du baiser islamiste, et, dans un sourire béat, presse le bouton.
 
    
 
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