Stopper-le-monde

Publié le par Carlos Castaneda



"Ce que je tiens mentalement pour la réalité du monde n'est qu'une simple description du monde dont on m'a gavé dès ma naissance."

"La vie quotidienne réside en un continuel flot d'interprétations perceptuelles que nous avons tous appris à faire. (...) Mais notre réalité n'est qu'une description parmi d'autres."

"La condition préliminaire pour "stopper-le-monde" est qu'il faut se convaincre, c'est à dire qu'il faut apprendre intégralement la nouvelle description dans le but précis de la confronter à l'ancienne jusqu'à parvenir à ébrécher la certitude dramatique que nous partageons tous, à savoir que la validité de nos perceptions, notre réalité du monde, ne doit pas être remise en question. Une fois le monde "stoppé", l'étape suivante est de "voir", soit de répondre aux sollicitations perceptuelles d'un monde différent de la description que nous avons appris à nommer réalité."

    

Effacer son histoire personnelle, perdre sa propre importance, ni plus grand ni plus petit qu'un brin d'herbe, stopper sa description du monde, apprendre la nouvelle, la confronter à l'ancienne jusqu'à la remettre en question et s'effacer pour renaître dans une autre réalité... Le travail d'une vie !

 

 

Stopper-le-monde...


De tête, c'est l'histoire faussement vraie d'un chercheur de province qui veut tout savoir sur les petits champignons peyotl qui retournent bien la tête, et n'a rien trouvé de mieux que d'aller l'apprendre chez un vieil indien paumé au milieu de nowhere, qu'a pas donné son adresse, et qui s'avère être en fait, le hasard est vraiment bien foutu, le grand spécialiste sur terre, p'têt même le dernier, des champignons bidules et autres opiacées formellement interdites en nos contrées rabat-joie, mais finalement aussi faciles d'accès que le tabac au coin de la rue.

Voilà pour le décor. L'un est beau, la jeunesse, enthousiaste et veut tout savoir, l'autre est horriblement vieux, presque indigent et en sait tellement qu'il s'est forcé à tout oublier y compris et surtout son histoire personnelle (légende personnelle comme dirait Coelho, le chamion du best-seller "spirituel"). Bref, de quoi faire un bon suspens tant ils sont opposés. L'Auguste et son facétieux.

Maintenant, tu en sais autant que moi. Enfin presque. Et tu te demandes pourquoi ce titre. Avec les tirets qui plus est. Je sais. C'est la question que je me suis posée en achetant le bouquin de Carlos Castaneda : c'est quoi "stopper-le-monde" ? Suivie de : pourquoi faire ?, stopper quoi ?, et comment ?, mais de quoi il parle ?...

De tête, toujours, même si le bouquin est posé à côté de moi et me regarde l'écrire, "stopper-le-monde", note les tirets il en a fait une expression composée, c'est décider une fois pour toute d'en terminer avec tout ce que l'on croit ou croit savoir. Tout poser, et ça allège tu le comprends, pour laisser un nouveau monde arriver. C'est beau, je le concède. Et pas facile à faire je l'avoue. On transporte tant de choses dans notre caboche, des trucs biens, des moins biens, des très durs, mais qu'on garde quand même, pour ne jamais oublier de souffrir chaque jour comme on nous a appris à le faire. C'est si lourd tout ça. Ben l'indien, il sait comment faire pour repartir sur de nouvelles bases :


"Notre réalité n'est qu'une description parmi beaucoup d'autres."

" Il insistait sur le fait qu'il m'apprenait comment "voir" et non à "regarder", et que la première étape pour "voir" était de "stopper-le-monde".

"Quiquonque veut stopper ses semblables doit toujours être extérieur au cercle qui les opresse."

"L'insistance avec laquelle je m'agrippais à ma vision habituelle de la réalité m'avait pratiquement rendu imperméable aux intentions de Don Juan."

 "La fin de l'apprentissage signifia que j'avais appris de manière convvaincante et authentique une nouvelle description du monde, et qu'ainsi j'étais devenu capable de susciter une nouvelle expression du monde qui s'accordait avec cette nouvelle description."

"En d'autres termes, j'avais gagné mon adhésion."


Car tout commence par là. Par moi, par toi, par chacun d'entre nous, quelle que soit sa taille, sa couleur ou son poids, jusqu'au plus insignifiant, celui qu'on ne voit pas et qui pourrit tout doucement par manque d'amour à commencer pour lui. 

Rien ne peut se faire sans toi ni moi, car aussi petit que nous soyons au regard de l'omnivers, nous avons tous notre place ici et maintenant et sommes là pour embellir. Ca commence juste dans nos pensées.

Il a raison, le vieil indien... Ca fait des choses de le lire, des grouic-grouics dans l'estomac et des noeuds au cerveau. 

Tu veux que je te dise ? Lis-le. Tu aimeras si tu es arrivé à ce point de mon discours. Ca te fera chaud au coeur et le sens de ta vie te semblera plus clair.


"Stopper-le-monde" par Carlos Castaneda. Merci à toi Carlos, de tout mon coeur.

 



Il te faudra partir
Au lever du soleil
Quitter cette vie
Qui tous les jours pareil
Détruira tes rêves
Dérangera ton ciel
Humana

Plier tout tes bagages
Partir avec les tiens
Entreprendre un voyage
Qui te mènera plus loin
Ne te retourne pas
Mon visage sera toi
Humana

Et poussé par tous les vents
Même si certains retiendront ta foi
Ne regarde que la lumière
Et élève la voix
Humana
Chante plus fort
Et marche encore
On parle de toi
Humana

Assouvir ce désir
D'être enfin le roi
D'étendues si vastes
Que tu n'imaginais pas
Tout tenir dans tes mains
Mais tu y es déjà
Humana

Et poussé par tous les vents
Même si certains retiendront ta foi
Ne regarde que la lumière
Et élève la voix
Humana
Chante plus fort
Et marche encore
On parle de toi
Humana

Humana

Chante plus fort
Et marche encore
On parle de toi
Humana


Musique : Rick Allison
Paroles : Lara Fabian
ALbum Title : Pure
Release: 1996

 

PS : tu te diras peut-être "c'est pas possible", je le fais encore, mais tu vois je sais qu'il a raison : rien n'est inventé, car la réalité dépasse toujours la fiction.

 


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Publié dans Tu veux du bonheur.

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