Time Square (New York) by Dylan Izaak

Publié le par chris StJames and Dylan Izaak



Je crois que je me souviendrai toute ma vie de la première fois où j'ai découvert Time Square. J'en ai eu mal au cou pendant deux jours. Mais je m'en foutais, je passais tout mon temps dehors à tout photographier dans ma tête. A commencer par l'immense panneau publicitaire qui domine le coeur de Manhattan (en haut de l'immeuble au centre du tableau). J'y ai même fait passer un message, à l'occasion d'une convention qui j'y ai organisée. J'étais fier comme un pape ! Mon message au coeur de Manhattan. Un rêve que je n'aurai jamais osé faire. A plus de 3000 dollars la minute.
J'adore New York ! J'y allais souvent pour affaires et j'en profitais toujours pour arpenter la ville de haut en bas, jusqu'à me paumer un dimanche midi dans un Harlem désert, taggé, froid, limite épouvante. Ou en bas de Broadway, c'est pas mieux, près du quartier des affaires complètement vide le week-end. J'ai toujours été sidéré par la capacité des américains à vider leurs villes le week-end. C'est comme un exode. Et ceux qui n'ont pas de résidence secondaire, où d'endroit où crécher tout simplement, restent calfeutrés chez eux, ne sortant que pour faire pisser Mirza ou pour bruncher pour les plus plus fortunés d'entre eux. Faut dire aussi à leur décharge, qu'entre la télé, leurs foutus produits surgelés, internet, tous leurs portables pour mieux communiquer (argh !) et leurs armes à feu, ça leur donne pas vraiment envie de sortir dans le vent glacial qui gèle la 5ème tous les hivers, comme un de ces terribles cyclones qui dévastent le centre du pays. ...
C'est beau les States, c'est gigantesque, c'est panaché, c'est une expérience unique sur terre d'intégration réussie. Enfin presque, pas vraiment vu du côté afro et latino-américains, fou le nombre de boulettes. C'est aussi une terre qui aime à se rebeller dans de terribles colères. J'ai habité à San Francisco, je sais ce que c'est pour avoir assisté à deux tremblements de terre. Ho des minis ! Des bébés cataclysme, mais qui nous rappelaient combien il était précaire d'habiter si près d'une faille aussi active. J'ai vécu deux ans sur un baril de poudre, car le cataclysme va arriver aussi sûr qu'après le beau temps vient la pluie. Tous les san-franciscains ont dans le coffre de leurs voitures, de toutes les voitures, d'un bout à l'autre de la faille, le nécessaire de survie, couvertures, radio, piles, la liste leur est fournie par le gouvernement. Chaque secousse qui a traversé mon corps et fait vibrer la table du salon comme un diapason, secoué les étagères de mon bureau et creusé une fissure dans le goudron devant ma porte, me disait : " va préparer ton sac de survie ". Car, en bon français mal ordonné, j'étais probablement le seul à ne pas l'avoir dans le coffre de ma Ford Thunderbird, noire forcément.
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