J't'aimais, tu sais ?
Elle est partie un beau matin. Déjà sept jours de ça. Je me souviens encore de ce froid glacial sous mon doigt désespéré. J'ai longtemps essayé de la ranimer. J'ai tout fait, tout tenté, jusqu'à la secouer pour qu'elle se réveille. J'ai même crié de rage contre elle... Comment pouvait-elle m'abandonner à l'orée de moments si cruels ? Moi qui lui avait donné la meilleure place dans ma maison. Etait-ce là tout le remerciement que j'avais à attendre après tant d'attention, des heures et des heures passées à l'écouter, religieusement, sans jamais l'interrompre. Rien n'y a fait. Elle ne s'est jamais rallumée, ma télé.
Aujourd'hui elle repose dans la pièce d'à-côté où je remise tout ce qui ne me sert plus. Derrière elle git mon vieux PC, lui aussi bon pour la casse. Mais dont j'ai beaucoup de mal à me séparer. On s'attache aussi aux choses.
Désormais je choisis mes programmes. Sur le net, DVD, rien ne passe sur mon écran que je n'ai désiré. Ca me fait tout drôle ce nouveau pouvoir, et cette écoute de mes besoins profonds, et du silence tonitruant.
Je visionne surtout des sketchs et des gags pour me remonter le moral. J'en profite pour étudier le ressort comique, mon carnet est plein de notes "au cas où". Je mets un peu plus de temps, c'est vrai, je dois me concentrer pour trouver mon plaisir. C'était bien le temps du légume.
Mais c'est fini. Car je ne la remplacerai pas. J'ai décidé, avec douleur mais volonté, que la connerie ne passerait plus par moi.
Et tu veux que je te dise ? Je retrouve des mots que j'avais perdu. C'est foutrement bon les retrouvailles !
J'ai vu Berlin, Bucarest et Pékin comme si j'y étais.
Matin et soir le nez dans la télé, c'est encore plus vrai.
J'étais de tous les combats, collée devant l'écran.
A la fois à Soweto, en Chine et au Liban.
Lancer des pierres au bord de Gaza, je ne regrette pas.
Des religieux, au nom de leur foi, m'ont lance une fatwa.
J'ai vu la guerre, la victoire était au bout de leur fusils.
J'ai vu le sang sur ma peau, j'ai vu la fureur et les cris
Et j'ai prié, j'ai prié tous ceux qui se sont sacrifiés.
J'ai vu la mort se marrer et ramasser ceux qui restaient...
Et j'ai vu...
Que cent mille fleurs s'ouvrent a jamais, et j'ai deja donné.
Les drapeaux rouges ont cessé de flotter, je les ai brûlés.
Un homme ce matin s'est jeté sous un train.
Abandonné comme un chien, la misère et la faim.
La pire est à craindre pour demain :
Ça ne me fait rien
Accrochée à ma fenêtre bleutée,
J'ai cherché la vérité.
J'ai vu la guerre, la victoire était au bout de leur fusils.
J'ai vu le sang sur ma peau, j'ai vu la fureur et les cris
Et j'ai prié, j'ai prié tous ceux qui se sont sacrifiés.
J'ai vu la mort se marrer et ramasser ceux qui restaient...
Et j'ai vu...
Paroles et musique Chenevez/Laporte
Niagara : Muriel Moreno et Daniel Chenevez
Aujourd'hui elle repose dans la pièce d'à-côté où je remise tout ce qui ne me sert plus. Derrière elle git mon vieux PC, lui aussi bon pour la casse. Mais dont j'ai beaucoup de mal à me séparer. On s'attache aussi aux choses.
Désormais je choisis mes programmes. Sur le net, DVD, rien ne passe sur mon écran que je n'ai désiré. Ca me fait tout drôle ce nouveau pouvoir, et cette écoute de mes besoins profonds, et du silence tonitruant.
Je visionne surtout des sketchs et des gags pour me remonter le moral. J'en profite pour étudier le ressort comique, mon carnet est plein de notes "au cas où". Je mets un peu plus de temps, c'est vrai, je dois me concentrer pour trouver mon plaisir. C'était bien le temps du légume.
Mais c'est fini. Car je ne la remplacerai pas. J'ai décidé, avec douleur mais volonté, que la connerie ne passerait plus par moi.
Et tu veux que je te dise ? Je retrouve des mots que j'avais perdu. C'est foutrement bon les retrouvailles !
J'ai vu Berlin, Bucarest et Pékin comme si j'y étais.
Matin et soir le nez dans la télé, c'est encore plus vrai.
J'étais de tous les combats, collée devant l'écran.
A la fois à Soweto, en Chine et au Liban.
Lancer des pierres au bord de Gaza, je ne regrette pas.
Des religieux, au nom de leur foi, m'ont lance une fatwa.
J'ai vu la guerre, la victoire était au bout de leur fusils.
J'ai vu le sang sur ma peau, j'ai vu la fureur et les cris
Et j'ai prié, j'ai prié tous ceux qui se sont sacrifiés.
J'ai vu la mort se marrer et ramasser ceux qui restaient...
Et j'ai vu...
Que cent mille fleurs s'ouvrent a jamais, et j'ai deja donné.
Les drapeaux rouges ont cessé de flotter, je les ai brûlés.
Un homme ce matin s'est jeté sous un train.
Abandonné comme un chien, la misère et la faim.
La pire est à craindre pour demain :
Ça ne me fait rien
Accrochée à ma fenêtre bleutée,
J'ai cherché la vérité.
J'ai vu la guerre, la victoire était au bout de leur fusils.
J'ai vu le sang sur ma peau, j'ai vu la fureur et les cris
Et j'ai prié, j'ai prié tous ceux qui se sont sacrifiés.
J'ai vu la mort se marrer et ramasser ceux qui restaient...
Et j'ai vu...
Paroles et musique Chenevez/Laporte
Niagara : Muriel Moreno et Daniel Chenevez
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