Mon petit monde parfait

Dans ce monde-là aujourd'hui purement imaginaire, tout vient de l'être humain. Et il le sait. Chacun apprend soigneusement depuis sa naisance que l'autre n'est que soi, que toutes ces petites misères dont on l'accuse ne viennent finalement que d'une partie de soi que l'on a bien du mal entendre autrement que par les cris et les larmes.
Dès l'enfance, on leur apprend le jeu du miroir, qui débouche immanquablement sur de franches rigolades, quand ils s'aperçoivent de tout le bonheur de telles leçons dans les yeux de l'autre.
Dans mon monde parfait, il n'y a pas de cris, il n'existe pas. Tout le monde sait que l'on n'est énervé que de soi et qu'il ne faut pas confondre le message et son messager. Dans ce cercle vertueux, les gens se remercient sans arrêt de tout le bien qu'ils se font et n'hésitent jamais à ouvrir leurs coeurs sans protection. Car tous les manuels préviennent contre la spirale infernale de la peur, dernier instinct qui nous unit aux bêtes et que la conscience nous prie de dépasser.
Hors de toute compréhension de nos jours, mes hommes et mes femmes sauront tout de l'autre, de l'image et de l'importance des belles pensées. En effet, de nombreuses expériences leur ont montré les bienfaits du rire et les vertus miraculeuses de l'amour. Pour peu qu'il soit donné sans attente et reçu avec gratitude.
Elevé au rang d'énergie, au même titre que le vent qui agite les pales des éoliennes installées partout pour remplacer les carburants fossiles épuisés, l'amour est une matière à part entière. Plusieurs universités y investissent l'argent public sans rechigner, toutes conscientes des progrès vertigineux qu'il engendre. Il y a des diplomes, comme bac amour-pro option-santé, et une inifinité d'orientations possibles.
Dans mon monde parfait, l'autre n'est jamais la cause et surtout pas le responsable. Et personne n'oublie jamais la loi du libre-arbitre. Midi est ainsi à toutes les portes, ouvertes à tout messager jamais venu là par hasard.
Voilà un monde parfait où chacun est responsable de tous, à commencer de lui-même. Un monde sur lequel flottera une bannière blanche où l'on pourra lire: "aime-toi comme ton prochain". Sans croix.
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