Les Chants d'AïmalUn
Chant 1
Les Chants D’AïmalUn
I
Ô Douleur !
Ne soit plus le spectateur témoin. L’œil dans le leurre, quelles vérités crieras tu ? Prise dans l’enclos des désespérances, accroché à des rêves lunaires, de ces lunes rouges qui exhalent des remugles de passions, combats incertains, où le pire le dispute au pire. Heurts frontaux de crises partagées, sursauts des ultimes illusions.
Boiras tu l’intarissable liqueur du mage, qui sait fleurir les lèvres closes ?
Croiras tu le cristal noir du maître, muet, nocturne, tortueux, qui, dans ses veines, secrète le terrible poison ?
BRISE ! BRISE ! BRISE !
Ta main gauche tient le pommeau d’argent.
Va et vainc !
Cette lame qui resplendit, polie, unie !
TRANCHE ! TRANCHE ! TRANCHE !
Tes douleurs sont obsolètes.
Tu possèdes la force et le courage.
L’œil qui voit au-delà.
Dissipe les brumes !
Si tu te mets en route qui t’arrêtera !
Tu grandiras et je disparaîtrais.
Dis ton NOM !
Et tous ferons silence.
Ô enfant !
La vierge est morte, inféconde de chairs et de raisons, mais féconde de l’Esprit.
Sacrifie sur la pierre le vieux bélier ! Que ses mâles oripeaux nourrissent l’oiseau.
Tu es l’oiseau !
Le lien à ta patte est tranché.
Ton aile est libre.
Tu es l’oiseau !
Colombe royale que craignent les aigles.